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Post-COVID-19 Osteonecrosis of the Jaw: Deciphering This New Clinical Spectrum

Since the emergence of SARS-CoV-2, clinicians have been observing a concerning increase in necroses...

L’ostéonécrose des mâchoires post-COVID-19 : un défi diagnostique émergent

Depuis l'émergence du SARS-CoV-2, les cliniciens observent une augmentation préoccupante de nécroses osseuses maxillaires et mandibulaires survenant plusieurs semaines après l'infection initiale. Ce tableau clinique, souvent confondu avec l'ostéochimionécrose (MRONJ) ou l'ostéoradionécrose, reste complexe à classifier. L'objectif de cette étude est de proposer un cadre conceptuel structuré pour distinguer les phénotypes infectieux (liés à la mucormycose) des formes ischémiques aseptiques, tout en clarifiant les protocoles diagnostiques et les mécanismes de destruction osseuse post-viraux.

Pour ce faire, les auteurs ont réalisé une recherche documentaire exhaustive couvrant la période 2020-2025 sur les bases de données PubMed/MEDLINE, Scopus, Web of Science, ScienceDirect et Google Scholar. Sur les 300 dossiers initialement identifiés, 60 publications ont été sélectionnées pour une synthèse qualitative approfondie. L'hypothèse centrale repose sur une étiologie multifactorielle de la PC-ONJ (Post-COVID-19 Osteonecrosis of the Jaw), combinant une coagulopathie avec microthrombose, une lésion endothéliale médiée par la dysrégulation de l’ACE2 et l'effet aggravant des corticostéroïdes systémiques. Cette analyse vise à fournir aux chirurgiens oraux des repères précis pour éviter le surdiagnostic fongique tout en identifiant précocement les atteintes ischémiques.

Méthodologie de la recherche

Cette étude repose sur une revue de la littérature scientifique ciblant exclusivement des articles évalués par les pairs (peer-reviewed articles) publiés entre 2020 et 2025. La recherche a été conduite sur les bases de données PubMed/MEDLINE, Scopus, Web of Science, ScienceDirect et Google Scholar. Seules les publications rédigées en anglais ont été considérées comme éligibles.

  • Sélection des données : Sur un total initial de 300 enregistrements identifiés, 60 publications ont été retenues pour la synthèse qualitative finale après élimination des doublons et application des critères d'éligibilité.
  • Critères d'inclusion : L'analyse s'est concentrée sur les cas d'ostéonécrose ou d'ostéomyélite maxillaire survenant pendant ou après une infection par le SARS-CoV-2. Les études devaient rapporter des données cliniques, d'imagerie, histopathologiques, microbiologiques ou thérapeutiques.
  • Critères d'exclusion : Ont été écartées les études non pertinentes pour le domaine maxillofacial ainsi que les communications dont les détails cliniques ou méthodologiques étaient insuffisants.
  • Analyse qualitative : L'extraction des données a porté sur l'identification de schémas cliniques récurrents et de facteurs de risque systémiques (tels que les corticostéroïdes), en distinguant précisément les phénotypes liés à la mucormycose (CAM) des formes ischémiques non fongiques.

Synthèse des données : Un spectre clinique à trois visages

L'analyse qualitative de 60 publications sélectionnées (sur 300 dossiers initiaux identifiés entre 2020 et 2025) confirme que l'ostéonécrose des mâchoires post-COVID-19 (PC-ONJ) n'est pas une entité pathologique unique, mais un spectre multifactoriel. Les données mettent en évidence une dichotomie nette entre les atteintes fongiques invasives et les formes ischémiques aseptiques.

Phénotypes et mécanismes étiopathogéniques

L'étude identifie trois phénotypes principaux de lésions maxillaires :

  • Le phénotype infectieux (CAM) : Associé à la mucormycrose (COVID-19-associated mucormycosis), agissant comme le moteur dominant d'une nécrose osseuse rapide.
  • Le phénotype ischémique non fongique : Caractérisé par un mécanisme aseptique où les investigations microbiologiques restent négatives.
  • Le phénotype mixte : Combinant des facteurs vasculaires et des surinfections secondaires.

Sur le plan biologique, la pathogenèse repose sur une triade critique : une coagulopathie associée au COVID-19 entraînant des microthromboses vasculaires, une lésion endothéliale médiée par la dysrégulation des récepteurs ACE2, et l'impact délétère des corticostéroïdes systémiques (hyperglycémie induite et immunosuppression).

Manifestations cliniques et imagerie

Les signes cliniques rapportés présentent des chevauchements diagnostiques importants, compliquant la prise en charge initiale au cabinet. Le tableau suivant synthétise les observations récurrentes issues de la cohorte d'études analysées :

Signes Cliniques ClésObservations Radiologiques
Douleur orofaciale persistanteOstéolyse diffuse
Mobilité dentaire soudaineFormation de séquestres osseux
Os exposé ou sondableDestruction corticale
Ulcération palatine ou alvéolaireAtteinte fréquente du sinus maxillaire
FistulisationImage non pathognomonique (similaire aux MRONJ/ORN)

Un constat majeur émerge : les symptômes douloureux précèdent souvent l'exposition osseuse de plusieurs semaines, voire mois. Cette latence conduit fréquemment à des erreurs de classification initiale, les praticiens diagnostiquant à tort de simples infections odontogènes ou des ostéomyélites chroniques classiques.

Limites des données actuelles

Bien que la littérature s'étoffe, l'étude souligne que la majorité des preuves repose encore sur des rapports de cas et de petites séries. L'absence de définitions diagnostiques uniformes et l'utilisation interchangeable des termes « ostéomyélite » et « ostéonécrose » entretiennent une confusion nosologique. Le risque clinique est double : le surdiagnostic de l'infection fongique invasive ou, à l'inverse, la sous-estimation des lésions osseuses ischémiques post-virales.

Analyse clinique : Vers une compréhension multifactorielle de l'ostéonécrose post-COVID-19

Cette synthèse de 60 publications met en lumière un changement de paradigme : l'ostéonécrose des mâchoires post-COVID-19 (PC-ONJ) n'est pas une entité pathologique unique, mais un spectre complexe. Les données révèlent que l'infection par le SARS-CoV-2 induit un état post-infectieux associant dysfonction endothéliale, microthromboses et dérèglements métaboliques. Pour le praticien, la difficulté réside dans le chevauchement clinique : douleur orofaciale persistante, mobilité dentaire soudaine et exposition osseuse peuvent survenir des semaines après l'infection, mimant des infections odontogènes classiques ou des MRONJ.

L'étude souligne des limites structurelles dans la littérature actuelle : la majorité des données provient de rapports de cas isolés ou de petites séries, entraînant une confusion terminologique entre « ostéomyélite » et « ostéonécrose ». L'absence de définitions diagnostiques uniformes et le manque de suivi à long terme compliquent l'établissement de protocoles de traitement standardisés. De plus, l'utilisation interchangeable des termes occulte parfois la distinction cruciale entre les formes fongiques invasives (CAM) et les formes ischémiques aseptiques.

Ces résultats marquent une rupture avec la vision traditionnelle de la nécrose purement vasculaire. L'implication des récepteurs ACE2 et l'effet délétère des corticostéroïdes systémiques sur l'homéostasie osseuse sont ici identifiés comme des co-facteurs majeurs. Il est désormais clair que la prise en charge ne peut être uniquement chirurgicale, mais doit intégrer un bilan microbiologique rigoureux pour exclure toute pathologie fongique avant d'envisager une thérapie ischémique.

Concrètement, pour le praticien :

  • Vigilance anamnétique : Intégrez systématiquement l'historique d'infection COVID-19 sévère et l'usage de corticostéroïdes dans vos diagnostics différentiels face à une mobilité dentaire inexpliquée.
  • Rigueur diagnostique : Ne concluez pas prématurément à une infection odontogène ; l'absence de réponse aux traitements conventionnels doit faire suspecter une PC-ONJ.
  • Approche d'exclusion : Priorisez le dépistage de la mucormycosis (CAM) par biopsie et microbiologie ciblée, car son pronostic et son traitement diffèrent radicalement des formes ischémiques aseptiques.

Synthèse de l'étude

Cette analyse qualitative de 60 publications sélectionnées entre 2020 et 2025 identifie l'ostéonécrose des mâchoires post-COVID-19 (PC-ONJ) comme une pathologie systémique complexe. Elle résulte d'une synergie entre endothéliopathie microvasculaire, dérèglement immunitaire et effets secondaires des corticostéroïdes, se manifestant sous des phénotypes variés allant de l'ischémie aseptique à la mucormycose invasive (CAM).

Concrètement, pour le praticien :

  • Vigilance diagnostique : Suspectez une PC-ONJ devant toute douleur orofaciale persistante ou mobilité dentaire soudaine chez un patient ayant un antécédent de COVID-19 sévère, même sans exposition osseuse visible.
  • Bilan microbiologique systématique : Différenciez impérativement les formes fongiques (CAM) des nécroses ischémiques par biopsie et examen histopathologique, le pronostic vital dépendant d'une prise en charge antifongique immédiate.
  • Analyse des cofacteurs : Évaluez systématiquement l'historique de corticothérapie et l'équilibre glycémique post-viral, car l'hyperglycémie induite par les stéroïdes est un moteur majeur de ces nécroses maxillaires.

Lexique technique de l'étude PC-ONJ

PC-ONJ (Post-COVID-19 Osteonecrosis of the Jaw) : Entité clinique regroupant les ostéonécroses des mâchoires survenant dans les semaines ou mois suivant une infection par le SARS-CoV-2, caractérisées par une perte de l'homéostasie osseuse d'origine multifactorielle.

CAM (COVID-19-Associated Mucormycosis) : Infection fongique invasive opportuniste, principalement rhino-maxillaire, agissant comme un moteur majeur de nécrose osseuse rapide, souvent favorisée par la corticothérapie systémique et l'hyperglycémie induite.

Microvascular thrombosis : Formation de micro-thrombi au sein de la microcirculation osseuse, résultant de la coagulopathie associée au COVID-19, entraînant une ischémie tissulaire et contribuant au phénotype aseptique de la PC-ONJ.

Endotheliopathy : Atteinte fonctionnelle et structurelle de l'endothélium vasculaire médiée par les cytokines inflammatoires et la dysrégulation des récepteurs ACE2, jouant un rôle clé dans les complications ischémiques post-virales.

Sequestration : Signe radiologique et clinique correspondant à l'isolement d'un fragment de tissu osseux nécrotique (séquestre) du reste de l'os sain, indicateur d'une interruption majeure de la vascularisation locale.

ACE2 (Angiotensin-Converting Enzyme 2) : Récepteur cellulaire utilisé par le SARS-CoV-2 pour l'entrée virale ; sa dysrégulation participe aux lésions endothéliales et aux désordres métaboliques favorisant l'ostéonécrose.


Source

  • Titre original : Post-COVID-19 Jaw Osteonecrosis: A Narrative Review
  • Auteurs : George Cătălin Alexandru, Loredana-Neli Gligor, Doina Chioran, Ciprian Ioan Roi, Mircea Riviș, Marius Pricop, Andrei Urîtu, Aliteia-Maria Pacnejer, Horaţiu Cristian Mânea, Tudor Rareș Olariu
  • Publication : Medicina - 2026-03-27
  • DOI : https://doi.org/10.3390/medicina62040641

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